L’objet de notre investigation vise la compréhension des phénomènes déterminant l’expression
du modèle de l’habitat semi-collectif en Tunisie via l’analyse de la cité UV4 planifiée dans les
années 1970 par la Société nationale immobilière de Tunisie. La particularité de ce modèle
d’habitat est qu’il renvoie au partage de l’espace à des degrés divers entre les usagers, selon
qu’il soit privé, collectif ou semi-collectif. Nous nous sommes intéressés au rapport entre espace
architecturé et modes de vies, entre conception et usage de l’espace. Nous avons essayé de
mettre en évidence le processus d’interaction entre la configuration de l’espace physique
produit par le concepteur et les pratiques des usagers. Par la spécificité de ses dispositifs, le
modèle d’habitat semi-collectif nous pousse à interroger les questions liées à l’urbanité, au
voisinage, à la sociabilité et à l’intimité dans notre société. La confrontation des intentions
sociales contenues dans le projet conçu avec les pratiques habitantes participe à la production
de la connaissance sur la question complexe de l’habiter et des interactions entre espaces conçus
et espaces vécus. Enfin, l’objectif de cette recherche est d’identifier les paramètres devant être
pris en considération par les concepteurs lors de la phase de projetation en vue de réduire l’écart
entre espace conçu et espace vécu.
Mots-clés :
habitat semi-collectif, partage de l’espace, conception, pratiques résidentielles,
cité UV4.
Pour citer cet article
Ines Dimassi Khiri, « L'habitat semi-collectif en Tunisie. De la conception à l’usage : une
approche sémiotique de l'espace architecturé », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°05,
Année 2018.
Assistante à l’Institut supérieur des technologies de l’environnement, de l’urbanisme et du bâtiment, Université
de Carthage. Membre de l’Unité de recherche sémiotique des espaces architecturés à l’Ecole nationale
d’architecture et d’urbanisme de Tunis.